Naufragée l'heure du désert
tes mains de nuit
m'ont chaude retrouvée
au chant
des horizons inespérés

Déjà m'oubliais-tu?

Sable entr'ouvert
peau de plume d'algue de fer
bras d'oiseau migrateur
le vent
se lèvera-t-il demain minuit
mi-nuit
vers une tempête nouvelle

Ouvre mes cœurs-argile
en corps à corps parfumé
tendre violent déployé
vague étincelante
navire de nuage incendié
pour un paradis de soleil
matin captif.

Monique Heckmann
extrait de "Seulement le vent"
chez Lettera Amorosa, 1972