05 août 2009
Lulle - Oracles intimes
La chèvre portera des sabots d’écheveau et d’aurore. L’écume sourdra mollement à ses lèvres épaisses. Sera-ce toi qui me fuis, ou le rire ou la nuit…. ? De très hauts champs d’agrumes feront ployer mes yeux.
***
Lisse, le temps aura perdu de sa saveur cruelle. Nous nagerons sous un banc. Il fera froid et dur. Là-haut, dans ton regard, une pluie d’algues mortes. Pourquoi as-tu arrêté la tempête? Je ne reconnais plus où meurt le soleil.
***
Des lèvres en avalanches. Des fruits en ribambelles. Je vais à la tombée des rêves, là où tu n’en finis plus de pleurer. Les gages ont été faits, et gloire au chien ivrogne. Nous sommes las et perdus : deux grises alouettes.
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Les pas auront glissé sous ma porte un à un. Où cacheras-tu la clé ? Je me bercerai, languide, à tes cheveux d’ébène, et tes cils de crapaud. Tu auras condamné mes accès. Les fleurs joncheront l’abîme de ton âme en copeaux violets. Tu me diras merci.
***
Quand nous aurons épuisé le doute et puis l’ivresse, les enfants brandiront en leurs cœurs de sombres capes de feu. Es-tu là, à étole ? Et toi, Ange de mes vies secrètes ? Nous n’aurons plus de jeux. Le vert aura péri. Mais au ciel de nos fronts, une comète poindra, fière. Les épices se languissent de ta jambe de serpent. Où es-tu, belle enfant ?
Lulle
Commentaires
J'aimerais que de tels oracles puissent me parvenir. C'est un bruissement très doux sous la lisière du regard intime.
Merci Lulle
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