LT_Verkl_rte_nacht_1980
Lucques Trigaut, Verklärte nacht
Encre et aquarelle sur papier 1980

 

Claude Arlan, sur Lucques Trigaut:

Il est de ces œuvres dont il semble que la moindre parcelle contienne, en une mise en abyme infinie, la totalité de l’âme qui l’anime. Celle de Lucques Trigaut, tout entière hantée de glissements et de luttes, de feulements et d’éveils, ne cesse d’éclairer de ses plus belles lumières la magique transparence de la métamorphose. Rien en cet art en effet qui ne plonge vers l’obscur sans en noter les très frêles nuances, les irisations et les plis que font naître les rames fouillant les eaux. Rien qui ne se veuille l’écho d’une conversation souterraine, la mise à jour de ces mille voix humides et comme marquées d’une fêlure, le bruissement d’un instant qui s’éteint. Car peindre la forme à laquelle plus rien ne tient et qui s’éboule dans la boue et l’oubli, c’est aussi peindre l’abandon, avec ce tremblement de pinceau qui n’appartient qu’à ceux pour qui le regret et le rappel de leur fin cède devant la fascination de l’inconnu qui naît. 

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(suite du texte de Claude Arlan sur le blog consacré à Lucques Trigaut)