ENVERS

Chemins divers d'art et de poésie

10 juillet 2009

Ludovic Tac - Vois

La source est cette intime conviction
que la nuit en toi
est le temps
et le lieu
     de la floraison.
La source est cette floraison du temps comme de l’espace
Qui en toi
forme la nuit tranquille et vorace de la conviction.
C’est l’intime nuit
la comparaison du silence et de la floraison.
Vois le cyprès des convergences proposer la conjonction du temps
     et de l’espace
     dans le souffle de la floraison
Il y a le traîneau des fous dans les convergences
Et la floraison des courges
dans le silence ignorant de la raison.
Mais rien ne subsiste sinon la destruction du monde et c’est certain
La nuit offre le silence à la destruction
Vois de près la destruction
Vois le silence détruit dans la convergence du monde
     et la folie grandir à l’ombre du formidable excès
Du monde
Que tu vois
Mais tu ne sais pas voir le monde parce qu’il est détruit
     depuis si longtemps
     qu’à force d’habitude on ne sais plus s’il converge
     ou diverge
     dans le temps comme dans l’espace inscrits
     au plus profond de la nuit décisive de la conviction
Intime
Et noire
De la déraison.


Ludovic Tac

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24 mai 2009

Ludovic Tac - Sur le sable

Echouée au cercle polaire de ton cou
La petite perle qui fait rire le ciel


La barque est chargée de fourrures et d’ors épars
Que la traversée de la nuit à grande vitesse
Renvoie comme un silence noir au rivage excédé
Sans cesse déchiré par les lenteurs astronomiques
Sans cesse ravagé par les lourdeurs arithmétiques


L’ourlet du soleil hanté par ses courroies déchiquetées
Replie en son ombre secrète
Le corail couleur de caducée


Or la salive arc-en-ciel au cri d’oiseau pendu
Est une caresse intempestive
Le même château de pierres froides que mon souffle attise
Et cette eau frémissante qui déjà en appelle au sursis
Se livre sans fard à toutes les intempéries


Ce temps qui nous reste comme une poignée de riz
Est un orage en haillons
Qui marche pieds nus sur des ronces de bitume

Ludovic Tac

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27 avril 2009

Ludovic Tac - Le moine COTOREP

Soultier de l’Apocalypse

le cargo dont les milles visages se reflètent sur la banquise

Myriades stellaires qui se résorbent dans le temps

Comme la spirale invisible de la queue du dragon

Dont le souffle froid irise les arbustes

Êtres filiformes au seuil de l’océan noir

Et menaçant

Qui s’ouvre face à moi

Comme une gueule d’iguane aux crocs de paille sèche

Voici mon heure

Je sors de la cale

Mon sceptre aux douze accords du zodiaque

Installe l’abîme

Le gouffre de lave évanouie

Qui remonte à la surface

Et affirme le chant sacré de ce désert sans but

À l’horizon viral

L ‘Apocalypse avance

La lande froide et rase aux magnifiques fleurs congelées

Me happe comme le chant secret des oiseaux morts

La vie dans ce bocal de glace

Est un geste nostalgique et muet

Un geste oublié, figé à jamais dans sa splendeur démesurée

Inutile et dur comme de la roche

Pourtant je sens la pulsation noire sous cette peau de givre

Je sens la soif et l’appétit sans fin qui animent ce faible souffle

Et d’un coup de sceptre bien placé

Je l’explose

Ludovic Tac

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