La nuit,
la digue est une coupure de marbre bleu,
et ses ruelles se parcourent en d'infinies plongées,
moellons de sexes dressés que la main
longe comme le soupir d'un sable à peine entrevu.
Stigmatisé par le passage des ombres orientales,
le fauve désir du vent vient buter contre leurs murailles,
sanglot des formes comme des vols lourds.
Là s'immobilise le frémissement de l'être,
l'incarnation muette de la dernière angoisse,
et dans l'attente de l'instant géométrique,
quelques langues macèrent
en cisaillant le ciel.


Claude Arlan

extrait d'Amères Matrices
Editions
L'l'Envers de l'ombre